Association Jean Carmignac



L'association tient son nom de l'abbé Jean Carmignac, cet éminent savant hébraïsant dont les travaux scientifiques aboutissent à démontrer, d'une façon qui semble décisive, que les Évangiles, écrits très tôt et en langue sémitique, ont une valeur historique de premier ordre et sont les témoignages de disciples qui ont suivi Jésus ou de ceux qui les ont interrogés. Elle a pour but de faire connaître l'œuvre spirituelle et scientifique de ce prêtre et celle de tous les chercheurs qui, comme lui, contribuent à défendre l'historicité des Evangiles en s'attachant à la seule valeur d'arguments incontestables, appuyés sur des sciences telles que : l'histoire, la philologie, l'archéologie, la papyrologie...



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L’auteur de l’Evangile de Saint Jean


décembre 2013
Auteur :

Paul Partiot

Nous publions avec plaisir la lettre d’un de nos adhérents les plus zélés : Monsieur Paul Partiot. Nous voudrions simplement remarquer qu’il n’est pas écrit que ce “disciple, celui que Jésus aimait” était un des deux disciples qui ne sont pas nommés. Celui que Jésus aimait pouvait être l’un de ceux qui sont énumérés au début du passage mais il pouvait être n’importe lequel de ceux-ci, puisqu’une même personne peut être appelée de deux façons différentes par exemple “Jacques et Jean” et puis “les fils de Zébédée”. Comme la tradition de l’Eglise catholique a par ailleurs toujours assimilé le disciple que Jésus aimait avec le fils de Zébédée (par exemple Saint Jérôme dans le texte dont il est question dans ce numéro), il semble qu’il ne faille envisager de retoucher cette tradition qu’avec d’infinies précautions et des motifs impératifs. La remarque de Monsieur Partiot est cependant très intéressante et elle donnera peut-être lieu à de nouvelles recherches et remarques de nos lecteurs sur ce point très controversé aujourd’hui : Qui était l’auteur du quatrième Evangile ?

D’après une tradition ancienne et généralement admise, le quatrième Evangile est l’œuvre de Jean le fils de Zébédée. Je l’ai moi-même partagée jusqu’au jour où la vérité a littéralement jailli à mes yeux en relisant une fois de plus Jean Ch. 21 versets 1 à 24. Je vais essayer de vous faire découvrir à votre tour ce qui me semble aujourd’hui une évidence.

Regardons ce chapitre 21 comme une tragédie de Racine où sont observées les trois unités :
- le sujet : Jésus se fait voir après sa Résurrection
- le temps : l’espace de vingt-quatre heures
- le lieu : la barque de Pierre et ses alentours immédiats.

  • il y avait là ensemble Simon Pierre
  • et puis Thomas ce qui veut dire le jumeau
  • et puis Nathanaël
  • celui qui est de Cana en Galilée
  • et puis les fils de Zébédée
  • et encore deux autres disciples (traduction Tresmontant)

Tous les acteurs sont désignés et le narrateur a pris soin d’attribuer à chacun son surnom habituel comme s’il craignait les confusions. Et il y a deux disciples qui ne sont pas nommés. Ceci est fréquent chez Jean.

  • et il leur a dit Simon Pierre
  • je vais à la pêche
  • et alors ils lui ont dit
  • nous y allons nous aussi avec toi
  • ils sont sortis
  • et ils sont montés dans la barque
  • mais cette nuit là ils n’ont rien pris
  • au petit matin voici que Jésus était debout
  • au bord de la mer
  • mais cependant ils n’ont pas connu les disciples
  • que c’était Jésus
  • alors il leur a dit Jésus
  • les enfants est-ce qu’il y a quelque chose à manger
  • avec le pain
  • et ils lui ont répondu
  • non
  • alors il leur a dit
  • jetez le filet du côté droit de la barque
  • et vous allez trouver
  • et alors il a dit le disciple
  • celui que Jésus aimait
  • à Pierre
  • c’est le Seigneur

Le narrateur ajoute une précision “celui que Jésus aimait” pour l’un des deux disciples désignés sans les nommer : Ce n’est pas un des fils de Zébédée. Nous pouvons donc conclure dès maintenant qu’aucun des fils de Zébédée n’est désigné par ce terme : “celui que Jésus aimait”.

Je ne transcris pas ce texte en entier pour aller aux versets concernant mon propos. Reprenons au verset 19 :

  • (Jésus) a dit cela
  • et puis il a dit (à Pierre)
  • suis-moi
  • alors Pierre s’est retourné
  • et il a regardé le disciple que Jésus aimait
  • il les suivait
  • c’est celui qui s’était penché lors du repas
  • sur sa poitrine et qui avait dit
  • Seigneur
  • qui est celui qui est en train de te livrer ?

Le narrateur prend soin de nous spécifier que ce disciple dont il ne nous donne pas le nom, comme tout au long de son Evangile, ce disciple participait bien à la Cène, qu’il était placé au côté de Jésus et avait pu demander au Seigneur, à voix basse évidemment, la demande de Pierre. C’est lui le disciple non nommé, le “disciple que Jésus aimait” qui a fait cela et non un des fils de Zébédée : ce n’est pas Jean l’apôtre.

Reprenons à la fin du verset 23. Jésus parle de ce “disciple que Jésus aimait”

  • lui si je veux qu’il reste
  • jusqu’à ce que je vienne
  • en quoi cela te concerne-t-il ?
  • c’est lui ce disciple
  • qui atteste la vérité de tout cela
  • et qui les a mises par écrit
  • et nous savons qu’elle est vraie
  • son attestation

Nous avons donc à l’analyse du texte la possibilité de conclusions incontournables :

    • l’apôtre Jean, le fils de Zébédée, n’est pas “le disciple que Jésus aimait”
    • ce “disciple que Jésus aimait” assistait à la Cène et s’est penché sur le Seigneur
    • ce même disciple est l’évangéliste appelé Jean
    • c’est lui qui a écrit son Evangile. Donc il savait écrire.

Nous voyons donc que des traditions anciennes, considérées comme vénérables et certaines ne résistent pas à la réalité du texte : l’apôtre St Jean n’est pas l’évangéliste, les tableaux de la Renaissance figurant la Cène avec Jésus et “seulement les douze” apôtres sont inexacts, et l’évangéliste Jean sachant écrire a très bien pu noter le discours testamentaire dans les heures qui ont suivi.



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