Association Jean Carmignac

AccueilFrançais Thèmes Historicité des Évangiles

L’historicité des Actes des Apôtres


novembre 2013
Auteur :

Paul Bousset - Bulletin Nr.2

Un de nos correspondants, Monsieur Paul Bousset, nous a envoyé l’enregistrement d’un exposé oral fait pour ses amis sur l’historicité des Actes des Apôtres. Nous en rapportons ci-après le passage qui nous a semblé le plus propre à intéresser les adhérents de notre association, en remerciant très vivement Monsieur Bousset.

Je relèverai une série de petits détails qui m’ont plu parce que ce brave Luc avait un peu la même manie que moi autrefois quand je partais en vacances. On se moquait un peu parce que je gardais en souvenir des tickets de métro, des tickets de bus, des tickets de musée que je collais quelques fois dans les albums-souvenirs côte à côte avec les photos et les cartes postales. Luc, lui, a accompagné Saint Paul dans son voyage et il a collectionné, si j’ose dire, les noms des ports d’attache des bateaux, même parfois leur nom propre, et aussi d’in- nombrables détails pratiques... Par exemple au chapitre 27 il y a le nom du centurion, il y a sa cohorte - disons son régiment - et le nom d’un passager qui a dû lier conversation avec eux mais dont on ne sait rien de plus [1]. Voilà le texte :

{}« Lorsqu’il eut été décidé que nous embarquerions pour l’Italie, Paul et quelques autres prisonniers furent confiés à un centurion de la cohorte Augusta nommé Julius. Nous montâmes à bord d’un bateau d’Adramyttium. » [c’est donc le port d’attache] « qui devait faire le cabotage sur les côtes d’Asie et nous levâmes l’ancre. Il y avait avec nous Aristarque, un Macédonien de Thessalonique. » Et puis la suite : « Le lendemain nous fîmes escale à Sidon, etc... »

{}Voyons maintenant un peu plus loin, ils ont changé de bateau bien sûr. Là, il y a encore le port d’attache : « Nous arrivâmes à Myre en Lycie. Le centurion ayant trouvé là un navire d’Alexandrie en partance pour l’Italie nous y fit monter. » Donc voyez c’est un navire d’Alexandrie. Et puis après il y a la tempête et le naufrage. Nous y reviendrons.

Au chapitre 28 cette fois il a noté le nom du bateau. Il est vrai qu’il avait eu le temps de le contempler parce qu’ils se sont arrêtés tout l’hiver dans le port. Alors il a bien su le nom :

« Au bout de trois mois nous reprîmes la mer sur un bateau qui avait hiverné dans l’île ; il était d’Alexandrie et portait l’enseigne des Dioscures. »... Et puis ensuite ils s’en vont : « Nous abordâmes ensuite à Syracuse. »

Je pensais vous laisser le soin de lire dans le texte au chapitre 27 les péripéties du voyage de Paul et de Luc, mais il faut quand même en parler. Ce devait être un beau bateau de l’époque : deux cent soixante-seize personnes à bord ! Bien sûr pas en luxueuses cabines. Il n’est pas étonnant que Luc ait retenu le nombre des passagers : le capitaine a dû faire le compte des naufragés à l’arrivée pour vérifier que tout le monde avait regagné la côte et cela n’a pas dû se faire sans peine et sans répétitions. Quatorze jours de mauvais temps et de tempête ! cela aurait pu prêter à des développements gratuits et pittoresques si Luc avait eu l’âme d’un romancier, mais en homme précis il observait la manœuvre des marins et n’en perdait pas une miette : le nom du vent - l’Euraquilon-, le nom de la petite île qu’ils dépassent .- Cauda -, la difficulté à hisser la chaloupe sur le pont, la crainte d’échouer sur les hauts-fonds de la Syrte (Luc a presque fait son école de voile à l’occasion ! ), les manœuvres pour alléger le navire - on jette à la mer d’abord la cargaison puis le gréement -, et puis à la fin, avant le naufrage, on sonde la profondeur - vingt brasses... quinze brasses... On mouille quatre ancres à l’arrière du bateau - admirez la précision . Et puis toute le suite de la manœuvre décrite en détail jusqu’à la catastrophe - sans victime. Le navire est échoué par l’avant, la tempête le disloque par l’arrière. Heureusement personne ne manquera à l’appel, pas même les prisonniers.

Si j’en ai parlé c’est parce qu’il faut admirer la manière dont Luc nous livre ce récit. C’est un enseignement. Il renonce délibérément à la facilité du roman pittoresque mais il nous conserve les moindres détails techniques.

N’est-ce pas un témoignage providentiel qui nous assure du sérieux des reportages évangéliques du même auteur ? Luc a vraiment écouté et regardé ceux qui savaient. Ici les marins et avant pour son Evangile c’était les témoins directs comme il nous l’a dit dans son introduction :

« ... ceux qui ont été dès le début les témoins oculaires et qui sont devenus serviteurs de la Parole. »

Paul Bousset

[1M. Bousset donne cette précision : si vous désirez un complément d’information, vous le trouvez dans l’Epître aux Colossiens 4,10 et dans l’Epître à Philémon, verset 24.



Merci pour les cotisations 2017 et merci à celles qui vont suivre… Nous en avons besoin.

Nous arrivons à maintenir la cotisation à la somme modique de 15 euros (7 euros en cas de nécessité) en vous rappelant que sans elle, ni le bulletin ni le site ne peuvent exister, ni, bien sûr, aucun développement de la diffusion ou du site. Envoyez votre chèque rédigé au nom de "Association Jean Carmignac", à l'adresse de notre siège social :

Association Jean Carmignac (chez Editions F.-X. de Guibert), 10.rue Mercœur, 75011 Paris.

(Notez bien cette adresse qui est à la fois notre adresse postale et celle de notre siège social.)
Voici les indications nécessaires pour les adhérents qui désirent utiliser nos IBAN et BIC pour leur cotisation ou leurs dons :
N° de compte : 44 655 98B – Domiciliation : La Banque Postale, Centre Financier : La Source.
IBAN (Identifiant international de compte) : FR73 2004 1010 1244 6559 8B03 396.
BIC (Identifiant international de la banque) : PSSTFRPPSCE.



Trois articles récents


Professeur Grzybeck, Université de Genève

Professeur Grzybeck, Université de Genève


L’auteur, Erhard Grzybek, Professeur à l’Université de Genève, nous amène, par un raisonnement progressif et argumenté, à une conclusion retentissante et totalement inattendue qui ne décevra certes pas les membres de notre association. Suivons-le dans sa démonstration. Après avoir souligné que le nom de Rome n’est pas mentionné une seule fois dans l’Apocalypse, il remarque cependant qu’elle y est évoquée...
Le Titulus crucis

En 1997, l’historien allemand Michael Hesemann décida de mettre le Titulus crucis à l’épreuve de la science. Il s’est intéressé à l’écriteau qui – bien évidemment découpé par Hélène – porte toujours les mots « I. NAZARINUS R... » en écriture inversée (certainement pour imiter le mode d’écriture sémitique) et en trois langues : l’hébreu, le grec et le latin. Avec l’aimable autorisation de l’Abbé du Monastère de...
L’ABBÉ CARMIGNAC par lui-même

Jean Carmignac - Bulletins Nr. 1, Nr. 2


Comment raconter ma propre histoire sans paraître prétentieux ? Mais je ne voudrais pas non plus que les générations futures de notre famille se plaignent de mon silence... [2] Donc, je suis né le vendredi 7 août 1914, 1 rue Chaptal à Paris 9° et j’ai reçu les prénoms de Jean, Gaston, Maurice, ce qui faisait de moi Jean VIII, après Jean VII. La guerre était déclarée depuis cinq jours, mais papa, qui...
Powered by Cryptos Advanced System