Association Jean Carmignac



L'association tient son nom de l'abbé Jean Carmignac, cet éminent savant hébraïsant dont les travaux scientifiques aboutissent à démontrer, d'une façon qui semble décisive, que les Évangiles, écrits très tôt et en langue sémitique, ont une valeur historique de premier ordre et sont les témoignages de disciples qui ont suivi Jésus ou de ceux qui les ont interrogés. Elle a pour but de faire connaître l'œuvre spirituelle et scientifique de ce prêtre et celle de tous les chercheurs qui, comme lui, contribuent à défendre l'historicité des Evangiles en s'attachant à la seule valeur d'arguments incontestables, appuyés sur des sciences telles que : l'histoire, la philologie, l'archéologie, la papyrologie...



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Le « Troisième Mur » d’Hérode Agrippa Ier (roi de Judée de 41 à 44 ap. (...)


février 2015
Auteur :

Reginald Wehrkamp-Richter
avec la collaboration de J. C. Olivier

Flavius Josèphe, version slavone
bulletin No. 43
Suite voir Flavius Josèphe Jésus roi n’ayant pas régné

Nous remercions vivement Monsieur Reginald Wehrkamp-Richter pour cette réflexion « de bon sens » concernant le troisième rempart de Jérusalem, bien connu des historiens comme des archéologues, dont Flavius Josèphe parle à plusieurs reprises dans les deux versions qu’il fit de la guerre de 66-70. Fl. Josèphe ne se doutait certainement pas que la précision de ses descriptions permettrait de verser un indice probant – un de plus ! – au dossier de la rédaction précoce des Evangiles.tiré du

Le « Troisième Mur » d’Hérode Agrippa Ier (roi de Judée de 41 à 44 ap. J.-C.)

Indice probant d’une rédaction précoce des Evangiles ?

{}Nous remercions vivement Monsieur Reginald Wehrkamp-Richter pour cette réflexion « de bon sens » concernant le troisième rempart de Jérusalem, bien connu des historiens comme des archéologues, dont Flavius Josèphe parle à plusieurs reprises dans les deux versions qu’il fit de la guerre de 66-70. Fl. Josèphe ne se doutait certainement pas que la précision de ses descriptions permettrait de verser un indice probant – un de plus ! – au dossier de la rédaction précoce des Evangiles.

Les quatre Evangiles s’accordent sur le lieu où Jésus fut crucifié, mais seul l’Evangile de St Jean [1] précise que ce lieu est en dehors de la ville :

« Jésus, portant lui-même sa croix, sortit en direction du lieu dit : Le Crâne, ou Calvaire, en hébreu : Golgotha. » (Jn, 19, 17).

« Comme on avait crucifié Jésus dans un endroit proche de la ville… ». (Jn 19, 20).

« Près du lieu où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin, et dans ce jardin un tombeau neuf… » (Jn, 19, 41) [ndr : un jardin où il y a un tombeau – et les archéologues en ont retrouvé plusieurs dans cette zone - ne peut absolument pas être dans la ville juive de Jérusalem, car il la rendrait “impure”].

Or la construction d’une troisième muraille, fut commencée par le roi Hérode Agrippa 1er, pendant son règne sur la Judée de 41 à 44, rempart qui enserrait – pour le protéger [2] – un nouveau quartier de Jérusalem, quartier où se trouvait le Golgotha (voir croquis). Ce 3è mur, connu des archéologues [3], est bien décrit par Flavius Josèphe dans ses deux versions de la guerre qui, de 66 à 70, opposa Juifs et Romains, mais il l’évoque aussi dans ses Antiquités Juives (XIX, VII, 2), écrites environ vingt ans plus tard (vers 93). Dans ses écrits, Josèphe dit qu’Hérode Agrippa 1er dut interrompre sa construction sur ordre de l’empereur Claude (41-54), et précise que ce rempart fut ensuite élevé par les Juifs avec une hauteur totale de 25 coudées. C’est ce rempart dont Titus s’empara « après 15 jours de combats, le 7è jour du mois d’Artémision », dans la phase finale du siège de Jérusalem, à l’été 70. [4].

Revenons à la question de la datation : comme l’Evangile selon Saint Jean précise, dans le récit de la Passion, que le Golgotha est extérieur à Jérusalem, ce récit peut difficilement avoir été mis par écrit postérieurement aux années 41-44, alors qu’une troisième muraille le mettait très à l’intérieur de ce nouveau quartier appelé Bezetha ou Ville-Neuve. Simple question de bon sens.

Mais quand on pense à la façon très contrastée [5] dont a été reçu l’argument de poids – et de bon sens – de Mgr Robinson, constatant que les Evangiles ne mentionnent pas la destruction du Temple, véritable cataclysme pour tous les Juifs, parce qu’ils ont été mis par écrit avant celle-ci, avant l’an 70, on est inquiet pour la “réception” du 3ème Mur d’Agrippa, commencé, lui, dans les années 41/42…

Cette muraille qui, en 66, quand la guerre puis le siège de Jérusalem commence, fait dix coudées d’épaisseur et vingt-cinq coudées de haut, sera-t-elle un argument « absolument convaincant », « insuffisant en lui-même  » ou « qui ne réussit pas à convaincre  » ??

Reginald Wehrkamp-Richter

avec la collaboration de J. C. Olivier

La prise de Jérusalem (Version slavone)

V, IV, 1 : La ville était enceinte de trois murs, là où elle n’avait pas derrière elle des précipices profonds. Car, à ces endroits-là, il n’y avait qu’une enceinte. […]

V, IV, 2 : Des trois murailles, la première fut construite par David et Salomon très forte et inaccessible ; elle commence à la Tour des Chevaux et finit à la piscine de Salomon et à Ophlas. La deuxième commence à la porte de Genath, fait le tour et se termine à l’Antonia. La troisième va de la Tour des Chevaux à la Tour de Mosaïque et se termine aux tombeaux d’Hélène et aux caveaux royaux, où est le Tombeau du Foulon. Agrippa* avait ajouté à l’enceinte de nouveaux murs et les appela Bezetha, ou Ville-neuve. Mais il n’acheva pas le travail, par crainte de Claude** pour qu’il ne se figurât pas que l’ampleur de l’entreprise visait à la sédition. En effet, on n’aurait pas pu prendre la ville, si Agrippa avait terminé les murs comme il avait commencé. Car il les avait bâtis de pierres de vingt coudées d’épaisseur et dix de largeur, et ils ne pouvaient être ni taillés par le fer ni ébranlés par les béliers. Agrippa ayant cessé le travail, comme nous avons dit, par peur, les Juifs élevèrent les murs à vingt-cinq coudées.

V, chap. II, § 4 : [Les habitants se disent : ] Voici trois murs qui entravent notre respiration […] jusqu’à quand resterons-nous à l’intérieur de la ville, comme si nous étions au spectacle […] et revêtus de leurs armes [ils] firent une sortie...

V, VII, 2 : […] Comme le Vainqueur démolissait les murs, les Juifs, épuisés par le combat continuel et les veilles, résolurent de se réfugier dans les murailles intérieures, en disant qu’il était superflu de se massacrer pour les murs extérieurs alors qu’il en restait deux plus forts. Et les Romains grimpèrent sur les murs par la brèche ouverte par le Vainqueur – c’est ainsi, en effet, qu’ils appelaient le grand bélier, parce qu’il vainquait tout - ; les Juifs, descendus des remparts, s’enfuirent vers le second mur, et les Romains déjà entrés ouvrirent les portes à l’armée. Ainsi prirent-ils les premières murailles [en venant de l’extérieur, c’est-à-dire le « 3è Mur »] après quinze jours de combat, le septième jour du mois d’Artémision.
La Guerre des Juifs (Version usuelle, grec)

V, IV, 1 : La cité était fortifiée par trois lignes de remparts, sauf là où elle était entourée de ravins infranchissables et où une seule ligne suffisait. […]

V, IV, 2 : Des trois remparts, le plus ancien était difficile à prendre, du fait des ravins qui l’entouraient et de la colline qui les dominait et sur laquelle il était construit. En plus de l’avantage que lui conférait sa position, il avait pour lui d’être très solidement bâti, car David et Salomon et les rois qui leur succédèrent avaient mis tout leur zèle dans cette construction. Il commençait au nord, à la tour nommée Hippicus et s’étendait jusqu’au Xyste ; ensuite il rejoignait la Salle du Conseil et se terminait au portique occidental du Temple. Dans l’autre direction, face à l’ouest, il commençait au même point, descendait à travers le lieu appelé Bethso jusqu’à la porte des Esséniens, puis tournait vers le sud au dessus de la fontaine Siloé, d’où il tournait encore une fois en direction de l’est vers la piscine de Salomon ; il allait jusqu’à un lieu qu’on appelle Ophlas et se terminait au portique oriental du Temple. Le deuxième rempart commençait à une porte du premier, appelée Gennath ; enfermant seulement le quartier nord de la ville, il remontait jusqu’à l’Antonia. Le troisième commençait à la tour Hippicus, d’où il s’étendait en direction nord jusqu’à la tour Pséphinus ; ensuite il descendait en face des monuments d’Hélène, reine d’Adiabène et fille du roi Izate ; il continuait à travers les grottes royales, s’infléchissait à une tour d’angle, près de ce qu’on appelle la Tombe du Foulon et, rejoignant l’ancien rempart, se terminait au ravin appelé Cédron. Ce rempart, c’est Agrippa* qui l’avait construit pour enclore la partie de la ville qui s’était construite en avant et qui était démunie de toute protection : car la ville, surpeuplée, se glissait, petit à petit, hors de son enceinte, et les habitants, réunissant à la colline le quartier situé au nord du Temple, avaient fait une telle avancée qu’ils avaient couronné de maisons une quatrième colline, appelée Bézétha, située en face de l’Antonia, dont la séparait un fossé profond, creusé exprès pour que les fondations de l’Antonia ne soient pas reliées à la colline et du même coup, d’accès plus facile et d’une hauteur moindre ; c’est pourquoi on avait augmenté la hauteur des tours de toute la profondeur du fossé. Le quartier nouvellement construit était appelé dans la langue du pays Bézétha qui, traduit en grec, voudrait dire Ville Neuve. Comme les habitants de ce quartier était dépourvus de protection, le père du roi actuel***, qui s’appelait Agrippa comme lui, commença le rempart mentionné ci-dessus ; mais il eut peur que l’empereur Claude ne le soupçonnât de visées révolutionnaires et séditieuses si l’ouvrage prenait de trop vastes proportions. Il arrêta donc les travaux alors qu’il avait juste jeté les fondations. Et, de fait, s’il avait continué le rempart comme il l’avait commencé, la ville aurait été absolument imprenable. Car il était construit avec des pierres de vingt coudées de long et dix de large, qui ne pouvaient pas facilement être minées par le fer ou ébranlées par les machines de guerre. Le rempart lui-même avait dix coudées d’épaisseur et aurait vraisemblablement atteint davantage en hauteur si l’ambition de celui qui l’avait commencé n’avait été entravée. Par la suite, bien qu’élevé en hâte par les Juifs, il atteignit vingt coudées de haut, avec des créneaux de deux coudées et des abris de trois, de sorte que la hauteur totale atteignait vingt-cinq coudées. § 3 : Au dessus du rempart s’élevaient des tours de vingt coudées de large et vingt de haut, carrées et massives, comme le rempart lui-même ; […] Le troisième rempart comportait quatre-vingt-dix de ces tours, à deux cents coudées de distance les unes des autres. […]

V, chap. II, § 4 : […] ils [les Juifs “factieux” dit F. Josèphe] se demandaient les uns aux autres ce qu’ils attendaient et ce qui leur avait pris de laisser ériger trois fortifications pour se faire étrangler […] et, tandis que l’ennemi se construisait impunément une cité rivale, eux restaient assis derrière leurs remparts, comme des spectateurs assistants à des travaux […] et saisissant leurs armes ils font soudainement une sortie…

V, VII, 2 : […] déjà le rempart cédait sous les coups du “Vainqueur” (c’est le surnom que les Juifs avaient eux-mêmes donné au plus grand bélier des Romains, parce qu’il triomphait de tout). Or ils étaient épuisés depuis longtemps par les combats, et les gardes de nuit montées loin de la ville : d’autre part leur indolence et ce don qu’ils avaient de prendre toujours la mauvaise décision leur fit trouver superflu de garder ce rempart [le 3è Mur, la muraille la plus extérieure] alors qu’il en restait deux autres derrière lui. La plupart donc mollirent et se retirèrent ; et quand les Romains montèrent sur la brèche qu’avait ouverte le Vainqueur, ils abandonnèrent tous leur poste et s’enfuirent au deuxième rempart. Les soldats qui avaient franchi le premier, ouvrirent les portes et firent rentrer toute l’armée. Ainsi les Romains se rendirent maîtres du premier rempart en quinze jours, le septième du mois d’Artémius (année 70 ap. J.-C.)

[Ndr : (*) Hérode Agrippa I, tétrarque de diverses provinces à partir de 37, roi de Judée de 41 à 44 ; (**) Claude, empereur romain de 41 à 54 ; (***) le « roi actuel », pendant la guerre, est Hérode Agrippa II (roi de 48 à 95 environ). Une coudée vaut environ 0,45 mètre.

[1Mais ce même lieu est mentionné par les trois autres Evangiles : St Matthieu, 27, 33 : « au lieu nommé Golgotha » ; St Marc, 15, 22 : « au lieu Golgotha, ce qui signifie “Lieu du Crâne“ » ; St Luc, 23, 33 : « au lieu appelé “Calvaire“ ».

[2Cette 3ème fortification visait-elle à rendre Jérusalem imprenable en temps de guerre ? En tout cas c’est ainsi que l’ont compris les services impériaux qui avaient alerté l’empereur Claude. Mais il y avait aussi un impératif de sécurité : cette grande zone d’habitat spontané, ce quartier neuf qui s’étendait peu à peu aux dépens des jardins, carrières, cimetière et autres usages, se trouvait, le soir, quand on fermait les portes de la Ville, à la merci de la loi du plus fort.

[3Des discussions existent concernant certaines parties de son tracé, également d’ailleurs pour le deuxième mur.

[4Page suivante, voici présentés en face à face comme dans le bulletin précédent, des textes extraits des deux versions que Flavius Josèphe fait de la guerre de 66-70, le récit “slavon”, issu du 1er livre, La Prise de Jérusalem, que F. Josèphe dit avoir écrit dans la langue de ses pères, et le récit grec “usuel” bien connu, La Guerre des Juifs, qu’il écrivit un peu après (vers72-73). Pour cette question du « 3è Mur » la comparaison ne fait pas ressortir de différences importantes, les faits décrits sont en gros les mêmes. Mais elle permet de comprendre pourquoi la version « usuelle » est plus longue alors qu’au contraire en sont absents – expurgés ? - tous les passages qui présentent un contact direct avec les Evangiles : dans son ensemble cette 2nde version, la version usuelle, est plus “délayée” ; elle est aussi moins “juive”, c’est-à-dire plus adaptée à un public romain.

L’authenticité de la version slavone – sa reconnaissance comme écrit de Flavius Josèphe, apparenté à son 1er récit de la guerre - a été attaquée de multiples façons : certains affirmant que ce 1er récit n’a peut-être jamais existé, d’autres, qu’il n’a jamais été retrouvé, d’autres, que le slavon est une forgerie de moines chrétiens dans le monde slave ou byzantin, vers le XIè siècle, d’autres que le slavon est bien un récit de F. J. sauf les passages présentant des contacts avec les Ecritures Chrétiennes, qui eux ont été introduits dans le texte par des mains chrétiennes pour en faire des témoignages confortant les faits du Nouveau Testament (théorie également souvent avancée pour le « testimonium flavianum » des Antiquités Juives)  ; mais, depuis 2000 environ, la question a été reprise de fond en comble par le dominicain Etienne Nodet qui conclue formellement à l’authenticité. Dans les prochains bulletins, nous continuerons à vous donner à lire ces « passages-contacts » et nous reprendrons la question de l’authenticité ou non du slavon.

[5(a) Dans une conférence de 1978 (voir nos n° 0 d’août 1998 et n° 1 de janvier 1999 sur notre site) l’abbé Carmignac disait : « Mgr Robinson insiste sur 2 arguments […] et je suis tout honteux de ne pas les avoir inventés tellement ils sont clairs ! Ils me paraissent absolument convaincants et je ne vois pas ce que l’on pourrait objecter pour réfuter ces deux arguments-là […]. Premier argument : Pour les Juifs, ce n’est pas la prise de Jérusalem, c’est la destruction du Temple le 29 août 70 qui est une cassure totale […], depuis ce jour-là, ils ne peuvent plus pratiquer leur religion, ils ne peuvent plus offrir de sacrifices - puisqu’ils doivent être offerts au Temple -, ils ne peuvent plus manger la Pâque – l’agneau doit être immolé au Temple, il n’y a plus de Grand-Prêtre, etc. […] Jusque-là le peuple juif a sa religion qui remonte à Moïse et qui a été vécue, plus ou moins bien, mais qui a été vécue jusqu’au 29 août 70. A partir de ce jour-là, la religion juive est devenue impossible à pratiquer […] Quand on pense à cela on se rend compte du contrecoup énorme que cela a dû être pour les Juifs. […] S’il y avait une partie du Nouveau Testament qui soit postérieure à 70, elle devrait normalement nous avoir parlé de la destruction du Temple, surtout les trois Evangiles synoptiques, à l’endroit où ils font allusion à la destruction de Temple, or on ne lit que la prédiction de Jésus, très brève, et au futur : « il ne restera pas pierre sur pierre, tout sera détruit ». Ainsi également l’épître aux Hébreux où l’on parle du

Temple comme existant, en décrivant au présent son fonctionnement […]. « Donc c’est qu’on n’a pas cessé de les offrir [les sacrifices], par conséquent l’épître aux Hébreux est écrite avant la destruction du Temple » observe l’abbé Carmignac.

Et deuxième argument qui lui paraît encore plus fort : c’est la différence entre un païen et un Juif qui se convertissent au Christianisme. « Pour le païen il lui faut admettre que Dieu existe ; que Dieu est Créateur, qu’Il a parlé dans l’Ancien Testament, admettre que les Ecritures sont inspirées, que Dieu a voulu sauver son peuple, et qu’Il a promis un messie. Et ensuite seulement, admettre que ce messie est Jésus, et que Jésus est fils de Dieu. Alors qu’un Juif qui devient chrétien n’a que ces deux points à ajouter à sa foi. Or, à part le discours de Saint Paul à l’Aréopage, à Athènes, devant des notables purement païens, les textes du Nouveau Testament n’abordent que ces deux derniers thèmes : c’est que leurs auteurs n’envisageaient comme destinataires que des Juifs ou des prosélytes… » Et l’abbé Carmignac conclut : « Après 70, il n’est pas pensable que l’on écrive tout le Nouveau Testament sans faire allusion aux païens. »

(b) JÉRUSALEM AU MILIEU DU Ier SIÈCLE
JÉRUSALEM AU MILIEU DU Ier SIÈCLE
(après 44 et avant 66)
(D’après J. Genot-Bismuth, Jérusalem ressuscitée, éd. O.E.I.L. (F.-X. de Guibert)
et Albin Michel, Paris 1992, p. 35).

Reginald Wehrkamp-Richter remarque aussi que, dans l’Ancien Testament, la destruction du Temple par les Babyloniens est sans cesse rappelée par les Prophètes : comment imaginer que la catastrophe de 70 soit, elle, passée sous silence ? Les auteurs du Nouveau Testament, qui certes reconnaissent Jésus comme Messie et Fils de Dieu, appartiennent au peuple juif comme leurs compatriotes, et ils n’auraient pas dit un mot de cette terrible catastrophe toute récente ? Difficile à croire.

(c) D’un avis opposé, citons des exégètes “reconnus”, qui ont le tort, à notre avis, de traiter cette question par une petite note, assez péremptoire, et sans argumentation :

— John P. Meier dans son livre Un certain Juif Jésus, tome 1, p. 41, à propos de la datation des Evangiles, dit se ranger « à la position généralement acceptée aujourd’hui par la recherche néotestamentaire(8) » [il publie cela en 1991], précisant : Marc aux environs de 70, Matthieu et Luc au cours de la période 70-100 (très probablement entre 80 et 90), mais il ne se prononce pas pour Jean. Il ajoute dans cette note 8, p. 280 : « Le défi le plus sérieux à la datation des évangiles communément admise est lancé par J. A. T. Robinson, Redating the New Testament, Philadelphie, Westminster, 1976 [Peut-on se fier au Nouveau Testament ?, Paris, Lethielleux, 1980]. Robinson voudrait placer tous les écrits du Nouveau Testament avant l’année 70. […] il déploie beaucoup d’efforts pour construire sa démonstration dans le cas de Matthieu, Luc et Jean. Le résultat est un brillant tour de force qui ne réussit pas à convaincre. Sa thèse a été largement rejetée par les spécialistes du Nouveau Testament. »

— Dans leur livre commun Essai sur les origines du christianisme, éd. du Cerf, Paris 2002, p. 176, Etienne Nodet et Justin Taylor écrivent : « Divers auteurs chrétiens, écrivant après 70, parlent du Temple au présent(1) ». Et dans cette note 1, ils ajoutent : « En particulier, l’épître aux Hébreux argumente toujours au présent sur le culte, en supposant le Temple existant ; pour cette raison, John A. T. Robinson, The Priority of John, London SCM Press, 1985, p. 17, tient après d’autres à dater ce texte d’avant 70, mais l’argument est insuffisant en lui-même. »



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